La salle est consacrée à la présentation par roulement de dessins et autres documents graphiques provenant des très riches fonds du département des arts graphiques et de la bibliothèque des Arts décoratifs. La présentation sera renouvelée tous les six mois, autour de thèmes permettant d’aborder différents aspects de la création dans le domaine des arts décoratifs. A chaque fois, la place centrale de la conception d’une œuvre passant du dessein au dessin puis à la réalisation sera abordée. Consultations au cabinet des Arts graphiques les mardis et jeudis sur rendez-vous. « Des collectionneurs et des dessins : florilège du département des Arts graphiques » A l’occasion du Salon du Dessin 2011, le musée des Arts décoratifs propose un accrochage de dix-sept œuvres autour des « Marques de collections ». En écho aux travaux érudits d’identification desdites marques conduits par Frederik Lugt (1884-1970) qui aboutissent à un opus magnum publié de 1921 à 1956 – il est depuis 2010 mis en ligne par la Fondation Custodia – le département des Arts graphiques expose une sélection qui, bien que fragmentée et fragmentaire, est recevable lorsqu’elle informe sur trois registres : la production diachronique de dessinateurs d’excellence : Vasari (1511-1574), Le Brun (1619-1690) ou Delacroix (1798-1863) ; le marquage effectué par des collectionneurs célèbres : Peter Lely (1618-1680) ou Joshua Reynolds (1723-1792) ; les donations faites au musée par des mécènes artistes et esthètes, amateurs et connaisseurs de dessins : Jules Maciet (1846-1911) ou Georges Hoentschel (1855-1915). L’accrochage, conduit en trois mouvements, est introduit par un prologue dédié à l’Ecole italienne du XVIIesiècle, ici incarnée à la manière d’unica par Ottavio Mario Leoni (vers 1787-1963) et Stefano della Bella (1610-1664). Il annonce un premier corpus fondé par Jules Maciet et son « vertige des images » lorsqu’il donne aux Arts décoratifs, aux tournants des années 1880, des feuilles d’exception de l’Ecole italienne du XVIesiècle. La cimaise centrale est dévolue à Eugène Delacroix et à la vente célèbre de son atelier en 1864 où l’on sait que ses quelque 6000 dessins, précisément, furent marqués du célèbre cachet « ED ». Questionnés a posteriori par l’historien d’art Maurice Serullaz, et d’autres encore étudiant à la loupe le ductus des deux lettres encrées au rouge, ils suscitent réflexions et controverses sur leurs attributions et transferts culturels. Une dernière stance, balkanisée dans la production des artistes exposés (XVI-XVIIIesiècles) : Giulio Romano (1499-1546), Johan Paul Schor (1615-1674), Charles Le Brun (1619-1690) ou Pierre II Le Gros (1666-1719), fait sens quand apparaissent, en lignes ou en angles, isolées aussi bien qu’en cascade, les marques apposés par les figures expertes aussi renommées que celles de Pierre-Jean Mariette (1694-1774) ou de Philippe de Chennevières (1820-1899).
Du 28 mars au 30 juin 2011